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Mardi 13 septembre 2005

Tout a été dit (je crois).

C’est fini. La rupture est nécessairement brutale et sans appel ( ?)

Tout n’a pas été entendu, des deux côtés de l’axe qui sépare… (J’en suis sûre)

Les évidences existent, mais elles ne sont que les filles de l’Instant. Aussi vraies et pensées qu’elles soient, elles s’évaporent inexorablement dans la rigueur climatique de l’évolution.

Il change.

Il se prépare, j’imagine l’excitation qui serre son cœur pressé et la peur parfois, souvent, qui frappe ses tempes le soir. J’imagine la joie inexprimable de celui qui se défait enfin des chaînes du passé, qui jette, tri, garde et perd, qui vit…

Je l’imagine s’extirper douloureusement de sa tête (en vrac), petit oisillon fragile, petits coups de bec à la coquille d’ivoire…

 

Je ne veux pas me rappeler. Les « bons moments » sont autant de bleus défigurant un Idéal qui exista, le temps d’un Instant, encore. Auquel je ne veux plus croire, pour (et à cause de) l’instant.

Quelqu’un m’a dit, non pas que tu m’aimais encore, mais que chaque nouvelle histoire effaçait le souvenir douloureux de la précédente… Ce cycle (décidément) semble n’avoir aucune alternative, et peut être, sûrement, d’autres Instants m’attendent, ailleurs... 

Je ne les attends pas. Ils frapperont à la porte de la tour que je saurais encore ouvrir, et que je refermerais sans doute de nombreuses fois, regrettant de n’en avoir pas encore jeter la clé et sans remords pourtant. Ainsi va la vie semble-t-il et nous allons avec elle, traversant marécages et montagnes à la recherche d’une plaine.

Et il faut vivre encore, relever la tête et émerger à nouveau. Apercevoir sous l’eau les rayons de l’astre qui rendent l’écume semblable à un rêve pailleté, et vers lui, tendre, encore.

 

Je l’imagine encore, et lui souhaite le bonheur qu’il mérite. Je reste ici, pas sur le bord de la route mais au début d’un autre chemin. Dans l’espoir et la peur mêlés que nos vies se croisent à nouveau…

Ainsi va la vie et je dois bien la suivre, bien qu’elle courre plus vite que moi. J’aurais aimé avoir le temps d’enterrer quelques souvenirs mais je les emporte avec moi, comme autant de bouts d’existence que je ne saurais pas fuir.

Ainsi va la vie et je vis avec elle, la tête pleine d’envie et le corps en appel.

Par Molly B. - Publié dans : Backdriftings
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