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Vendredi 19 août 2005

Il est parti. Il est loin. Il n'est rien.
Chaque jour j'y ai pensé un peu moins, comme chaque blessure qui voit le temps la panser. J'ai oublié.

Car, il le savait lui, que l'on peut oublier. Ranger des gestes et des odeurs. Les ranger si loin qu'elles ne dérangent plus.

Mais pourquoi t'as peur Julie, des hopitaux la nuit?
Mais pourquoi t'as peur Julie, des hopitaux si gris?

J'ai peur, car les murs taisent. L'institution, Julie, est la plus haute des montagnes.

Il est parti. Il est loin. Il n'est rien.
Il savait, lui, que jamais pour toujours on n'oublie ?
Et qu'un matin, qu'une nuit, l'évidence des corps meurtris, des gestes saccadés, esprit embué et si belle ironie.
La boucle est bouclée Julie, fallait pas tenter la Vie de se sentir vexée. Elle ne fait que se venger.

Et ce matin, cette nuit, Julie, il faut vivre, il faut vivre.

Mais, mais... je voulais pas... Je voulais pas... me réveiller. Mais, où suis-je? Quoi? Et lui?

Mé-de-cin.

Il ne savait pas, lui, que frapper quelqu'un à terre, c'est interdit.

Mais il est parti. Il est loin. Et puis, il n'est rien Julie.

Comment ? Il n'est rien? Mais, les amis, il m'a pris ma vie. Chaque jour, chaque nuit, son odeur, ses mains, et cette stupide façon de dire: Julie, Julie, Julie.

La boucle est bouclée.

Il est parti? Il est parti ? Il est loin, hein ?

(Non, je suis dans ta tête, Julie...)

Par Molly B. - Publié dans : Backdriftings
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