Welcome to the Molly Machine
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Welcome my son
Welcome to the Machine Pink Floyd |
Can you picture what will be ?
So limitless and free
Desperately in need...of some...scatterbrain's hand
In a...desperate land
[ THE END SO]
See you on the dark side of the moon
.
-if-
Il faisait beau ce matin là. Pas de brouillard, pas de brouillard du tout. Les universités encore endormies et le café mauvais d’un bar minable aux allures jeunes pleines de briques rouges. L’attente languissante d’un cours auquel elle n’irait sûrement pas, la séduction d’une journée à peine naissante que rien n’avait encore sali.
Le frisson d’envie d’aventures, qu’elle laissait aller et venir au gré des expirations presque entendues que lui procuraient les fantasmes de cette journée neuve.
Elle n’était pas attirante, mais attirée. Un sourire presque collé à ses lèvres, elle appréciait cet instant sur lequel le temps ne semblait pas avoir de prise, ce moment absurde dans une vie monotone, cette chance aussi d’avoir su le saisir.
Elle était belle parce qu’elle avait envie de beauté ce matin-là. Envie de vivre sans doute, de laisser tanguer la barque de son esprit si prompt à la dérive. Point de rapides en vue et elle dessinait déjà une douce rivière, si douce…
Il était là depuis peu quand il croisa son regard. Loin d’un rêve et pourtant un si joli songe auquel elle donna réalité par un sourire. Frisson de la rencontre, sang neuf dans un quotidien en manque cruel de transfusion, elle chercha son regard encore. Qu’il lui rendit de nombreuses fois, à peine effacé par un sourire timide qui donnait vie à son visage… Songe d’un matin d’hiver.
Puis il partit. Un peu triste, elle regarda sa montre, l’instant avait fui puis vite encore que le temps qui passait et la ramenait à la réalité un peu morne d’un cours qui approchait, plein d’ennui déjà. Qu’importe après tout…
Mais il revint. Elle savait que sous son indifférence apparente il revenait pour elle. Il se rassit à la même table, feuilleta un magazine. Elle ne savait plus trop, embrumée par les réminiscences du rêve qui s’évaporait doucement. Il ne la regardait plus. L’heure tournait, elle se dirigea vers les toilettes à la recherche d’un miroir qui lui prouverait son existence, remaquilla ses yeux un peu trop fardés.
Quand elle revint, il n’était plus là. Eveil donc. Tant pis… Elle ramassa les cours éparpillés en vain, chercha à faire l’appoint dans un enchaînement gestuel emprunt d’un déjà vu agaçant.
Et elle le vit. Le mot. Un petit bout de papier ridicule consciencieusement plié.
« Mieux à faire que de travailler par une si belle matinée… Je t’attends dehors »
Eclat du rêve reparu subitement, et tous ses possibles nouveaux, soudain… Elle sortit, son sourire en avant, le chercha des yeux. Il était là, au volant d’une voiture. Elle monta, et ils partirent vite.
Elle proposa un autre café ailleurs, pour parler et se connaître, mais il ne souriait plus tellement, et allait trop vite. Trop vite.
Arrête toi.
Crématorium.
Frein à main.
« Je sais pas toi, mais moi j’ai mieux à faire que de parler là »
Une nouvelle fois le temps se suspend lors d’une seconde décisive. Se soumettre ou pas. Laisser ses mains aller là où elle ne veut pas, ou non. Le temps ne se suspend jamais longtemps, et il revint au son du cri hystérique qu’elle lui envoya au visage. Interdit, il se figea. Transfert d’arrêt de temps. Lui aussi devait choisir. La suite n’était pas encore écrite et la vie attendait perfidement leur décision mutuelle pour agir. Il eut peur sans doute, et obéit aux ordres non négociables qu’elle lui hurlait. Il redémarra, et au premier feu aux abords de la ville qu’ils avaient si dangereusement quitté, elle descendit.
Au milieu d’un carrefour qui ne lui rappelait rien, elle tremblait, choquée, perdue au milieu du rêve brisé. Elle n’avait pas compris mais quoi ? Perdue, perdue. Repères, besoin de repères, vite, mais non, c’est l’espace qui se joue d’elle à présent. La terre se dérobe sous ses pieds, non, il ne faut pas tomber mais quelle est cette rue où suis-je avancer il faut avancer là bas fuir retrouver le quotidien vite.
Elle reconnaît enfin ce boulevard, celui de sa faculté. Comment a-t-elle pu s’y perdre ? Pas de réponse à cette question qu’elle ne se pose pas encore, elle avance, cours, appelle son meilleur ami. Des repères vite. « Je t’attends ». Elle arrive enfin. Il est là, ne comprend pas mais la serre quand elle se jette dans ses bras. Odeur familière.
Elle s’apaise.
Il faut monter maintenant, le cours a commencé.
La vie reprend le sien.
Il y a du brouillard partout.
Je n'aime pas tellement les anniversaires...
De toute façon je ne me rapelle que très rarement de ceux ci, et les dates en général me traversent sans vraiment me transpercer. Toujours été beaucoup plus secouée par la "magie du lieu".
Il y a certains matins pourtant qu'on sent plus pesants que d'autres sans raison aucune, jusqu'à ce que nos yeux rencontrent l'énorme chiffre rouge du calendrier qui pour une fois est à jour... (J'aime mon inconscient car lui seul encore me réserve des surprises :) )
Et puis il y en a quelques unes qui s'imposent, celles qu'on note le jour où, celles qui comptent parce qu'elles finissent ou débutent un cycle. Celles dont on sait qu'elles ne se feront pas attendre, un nuage au loin, épais et présageant un orage dont on redoute autant qu'il éclate qu'il ne le fasse pas...
On les a noté celles ci, à coup de pierres noires souvent, pas pour l'année, pas pour le jour, mais pour avoir... un point de comparaison. Ces dates induisent la nécessité d'évoluer, le besoin de connaître d'autres états, loin de ceux-ci. On les note dans l'espoir déjà d'être à la prochaine même combinaison de jj/mm dans une année ultérieure, pour se rassurer à coup de "jai changé", "c'est loin", "c'est différent". Elles impliquent par leur existence un bilan, qu'on refera encore et encore, à chaque fois que ladite date pointera le bout de son nez...
Les jours passent et on oublie la date souvent, elle tangue ça et là mais reste ailleurs. Puis les mois passent aussi, et puis boum. La revoilà.
Que dire.
J'aurais aimé écrire un très beau texte bien hermétique comme à l'accoutumée, mais là point de courage et une envie d'être un peu franche.
Pas pour vous, pour moi.
Il y a un an j'ai voulu mettre fin à mes jours. Les plus perspicaces d'entre vous remarquent déjà que je n'ai pas réussi (j'aime à croire que mes lecteurs sont super balèzes en déduction).
Tant mieux. L'heure est donc au bilan.
Il y a un an et un jour donc, mes plans ayant été détournés, j'ai du agir pour la vie, vu que la mort semblait me faire un peu la gueule après m'avoir tant narguée.
J'ai finalement poignardé ma vie d'avant, ce qui s'est avéré plus constructif. J'ai soufflé la maison en paille des ptis cochons, devançant le loup. A coups de divers remaniements ministériels (Gouvernement Molly B. 172ème édition), j'ai changé, essayer, recouper, retenter, oublier, réessayer, re oublier, je suis revenue et je suis repartie. Mais je n'ai pas fui je crois.
Sauf la date évidemment. Elle est là aujourd'hui et après avoir pris une vie à bras le corps, ce n'est pas une petite journée qui va me faire peur, non ?
Pourtant....
Qu'ai-je à te dire Julie?
Les choses ont changé tout en restant les mêmes. Le loup rode encore et je dois me battre plus que jamais . J'ai compris beaucoup et tenter d'en oublier au moins autant. J'avance sans courir et pourtant je tombe encore trop souvent. J'ai envie sans trop y croire, la force et la faiblesse, et la dichotomie me semble chaque jour plus présente. Le paradoxe s'est installé de façon permanente et la cyclothimie me guette.
Envie mais peur.
Je me suis sentie un peu buldozer cette année, explosion de ruines et déblaiement de terrain. Parfois il ne faut pas trop réfléchir, et foncer. Peut importe où ça mène, les chemins se dessinent toujours.
Donc une année à tout casser, à voler dans les plumes de l'oiseau de malheur. Une année charnière peut être, une année dont je me souviendrais en tout cas...
Envie de construire à présent, une superbe maison avec un putain de jardin et des trucs qui puent le bonheur partout.
C'est dit, qui m'aime me suive.
Tout a été dit (je crois).
C’est fini. La rupture est nécessairement brutale et sans appel ( ?)
Tout n’a pas été entendu, des deux côtés de l’axe qui sépare… (J’en suis sûre)
Les évidences existent, mais elles ne sont que les filles de l’Instant. Aussi vraies et pensées qu’elles soient, elles s’évaporent inexorablement dans la rigueur climatique de l’évolution.
Il change.
Il se prépare, j’imagine l’excitation qui serre son cœur pressé et la peur parfois, souvent, qui frappe ses tempes le soir. J’imagine la joie inexprimable de celui qui se défait enfin des chaînes du passé, qui jette, tri, garde et perd, qui vit…
Je l’imagine s’extirper douloureusement de sa tête (en vrac), petit oisillon fragile, petits coups de bec à la coquille d’ivoire…
Je ne veux pas me rappeler. Les « bons moments » sont autant de bleus défigurant un Idéal qui exista, le temps d’un Instant, encore. Auquel je ne veux plus croire, pour (et à cause de) l’instant.
Quelqu’un m’a dit, non pas que tu m’aimais encore, mais que chaque nouvelle histoire effaçait le souvenir douloureux de la précédente… Ce cycle (décidément) semble n’avoir aucune alternative, et peut être, sûrement, d’autres Instants m’attendent, ailleurs...
Je ne les attends pas. Ils frapperont à la porte de la tour que je saurais encore ouvrir, et que je refermerais sans doute de nombreuses fois, regrettant de n’en avoir pas encore jeter la clé et sans remords pourtant. Ainsi va la vie semble-t-il et nous allons avec elle, traversant marécages et montagnes à la recherche d’une plaine. Et il faut vivre encore, relever la tête et émerger à nouveau. Apercevoir sous l’eau les rayons de l’astre qui rendent l’écume semblable à un rêve pailleté, et vers lui, tendre, encore.
Je l’imagine encore, et lui souhaite le bonheur qu’il mérite. Je reste ici, pas sur le bord de la route mais au début d’un autre chemin. Dans l’espoir et la peur mêlés que nos vies se croisent à nouveau…
Ainsi va la vie et je dois bien la suivre, bien qu’elle courre plus vite que moi. J’aurais aimé avoir le temps d’enterrer quelques souvenirs mais je les emporte avec moi, comme autant de bouts d’existence que je ne saurais pas fuir.
Ainsi va la vie et je vis avec elle, la tête pleine d’envie et le corps en appel.
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Vous voyez, je souris. Et même que je ris, souvent. Pensée du jour aux acharnés des abysses et aux autres, aimants et aimés, qui s'inquiètent de la noirceur ambiante... Celui qui touche le fond de l'abîme effleure le firmament. Je ris plus souvent que vous, et mes bonheurs sont à l'image de mes souffrances. Intenses. Terriblement intenses.
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